Malawi - Karonga

de Lionel, le 11-11-2006
Divagations

Cette plage est belle ! Le lac est d’un bleu intense bordé par des montagnes aux verts très variés. Au loin se dessinent sur l’horizon, les terres du Mozambique. Cela pourrait être un paysage de Corse. Dans l’air, pas de senteurs ni de parfums particuliers. Pourtant il règne là une ambiance de paix. L’endroit est idéal pour se remettre de ces derniers jours très difficile, très éprouvant.
Il y a six jours, juste avant de franchir la frontière du Malawi, un orchestre de percussions africaines s’est mis en place dans ma caboche. Le concert a commencé doucement telle les premières mesures du Boléro. Lentement, il prend du volume et avec lui un soleil brûlant naît derrière mes yeux. Bientôt c’est mon corps qui se sent sucé de toute son énergie. Deux heures plus tard, les tambours, à l’apogée me font péter les oreilles, le soleil à son zénith me crame les cavités orbitales tandis que mes jambes ne peuvent plus me porter. Je fais des songes étranges, bizarres, ou certains êtres sont difformes mais pas laids. Tour à tour, je suis un écrivain très controversé, un humaniste choyé, etc… Dans un de ces songes, je rencontre un vieil homme avec qui je suis immédiatement en empathie. Il me montre son livre de voyage. Il est magique. Chaque page est un pays qui dévoile ses merveilles par des images animées. Le vieil homme, cheveux et barbe poivre et sel, en narre les contes et légendes. Il connaît tout. Il me demande si je veux le suivre dans ces pays merveilleux. Bien évidemment que je veux ! Il se lève et marche devant lui. Je suis prêt à lui emboîter le pas lorsque une main me sort du rêve. Je râle, je peste. « Où est le vieil homme ? Où sont les pays merveilleux ? ». Je ne sais pas où je suis. Entre sommeil et conscient, je divague. Je veux retrouver ce vieillard. Une voix intérieure me dit que cet homme c’est la mort. « Et alors ! Je n’ai pas peur de mourir. Et si la mort c’est ce que j’ai vu, alors elle est belle. J’aime la vie, mais un jour il faudra bien lui dire adieu. » En attendant mon crâne est sur le point d’exploser. Le champignon d’Hiroshima se prépare. Quel est donc le nom de ce metteur en scène de pacotille qui plagie Ravel par ce spectacle mis en place dans ma tête ? Monsieur Plasmodium ! Connais pas. Un surnom ? Monsieur Malaria. Ah oui ! Je vous connais ! Eh bien je vous déteste, je vous hais malaria. Vous mettez le feu entre mes oreilles, faites souffrir mes tympans et bouffez mes batteries. Désormais, flanqué de mon arme quinine, je crèverai toutes les peaux de vos tambours pour les rendre muet à jamais. J’amputerai votre soleil de tous ses rayons qu’il en deviendra si fade et ira se cacher de honte. Oui je vous expulserai de ma tête et de mon corps.